MENU
Thérapeutique Dermatologique
Un manuel de référence en dermatologie

Vitiligo

18 septembre 2019, par SENESCHAL J. & BONIFACE K.

Sommaire

Le vitiligo résulte de la perte sélective de mélanocytes de l’épiderme, et touche environ 0,5% de la population mondiale. Les deux sexes sont également touchés et il n’y a pas de différence d’apparition selon le phototype ou l’origine des patients [1, 2]. Le vitiligo non segmentaire, classiquement appelé vitiligo, est la forme prédominante de la maladie, caractérisée par l’apparition de lésions de façon symétrique et bilatérale et évoluant par poussée. Le vitiligo dit segmentaire est une forme clinique moins fréquente touchant de façon asymétrique le corps du patient, pouvant suivre des lignes embryologiques, et évolue souvent après une seule poussée.

Le vitiligo est une maladie complexe, associant des facteurs génétiques et environnementaux ainsi que des altérations métaboliques et immunitaires. Des anomalies conduisant à une altération de la régénération et / ou de la prolifération des mélanocytes suggèrent un défaut primaire des mélanocytes. Cependant, il est désormais clairement démontré une implication majeure du système immunitaire au cours du vitiligo, en particulier au cours de la phase évolutive de la maladie. En effet les études génétiques ont identifié de nombreux gènes en lien avec le vitiligo qui pour la majorité d’entre eux sont associés au système immunitaire. Au niveau cutané, il existe constamment, notamment au moment de la progression, un infiltrat de lymphocytes T principalement composés de lymphocytes T CD8+ produisant des cytokines inflammatoires comme l’interféron (IFN)-g et le facteur de nécrose tumoral (TNF)-a participant à la perte des mélanocytes [3]. Ainsi, les nouvelles connaissances sur le rôle du système immunitaire impliqué au cours de la progression et/ou des récidives du vitiligo permettent d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques pour cette maladie qui à ce jour souffre d’une absence d’indication thérapeutique.

Le vitiligo représente un motif fréquent de consultation, d’une part par sa fréquence mais également par l’impact majeur de cette maladie sur la qualité de vie des patients, responsable de coûts directs et indirects qu’il est important de considérer pour sa prise en charge. Cette dermatose ne doit donc pas être considérée comme un « problème mineur d’ordre esthétique », mais doit être prise en charge par le médecin traitant et le dermatologue.

Dans la majorité des cas, la maladie se diagnostique de façon clinique, sur le seul examen clinique à l’aide d’une lampe de Wood, sans qu’il soit nécessaire de pratiquer une biopsie cutanée. Cependant le vitiligo en tant que pathologie inflammatoire chronique cutanée, est également associé à d’autres pathologies inflammatoires ou auto-immunes, comme les thyroïdites auto-immunes, qu’il convient de dépister ou d’évaluer par le dosage de la TSH et des anticorps (Ac) anti-thyroidiens.

× N.B. : Ce contenu est limité et destiné au grand public. Si vous êtes professionnel de santé, cliquez ici pour vous inscrire gratuitement, et accédez à un contenu dédié et plus approfondi.
Si vous êtes déjà inscrit, connectez-vous !

Suivez-nous

Newsletter

  Professionnels de santé