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Thérapeutique Dermatologique
Un manuel de référence en dermatologie

Vitiligo

12 juin 2020, par PINTO A. I.

1 - REMERCIEMENTS

Ce chapitre a été écrit grâce à l’aide de l’EADV, de la Fondation René Touraine et de Thérapeutique Dermatologique.

2 - PRÉSENTATION

Le vitiligo est un trouble chronique caractérisé par une dépigmentation menant à une décoloration de la peau. Il touche 1 à 5 % de la population mondiale, sans distinction du sexe ou de la couleur de peau, bien qu’il puisse être plus visible sur les peaux plus foncées. Si cette maladie peut affecter toutes les tranches d’âge, elle survient avant l’âge de 20 ans dans plus de la moitié des cas.

L’ampleur et l’intensité de la décoloration due au vitiligo sont imprévisibles et peuvent aller de petites taches isolées à une décoloration cutanée totale. Il peut affecter la peau sur n’importe quelle partie du corps.

Si cette maladie n’est pas mortelle, elle peut entraîner de nombreux problèmes psychosociaux liés à une faible estime de soi et à une dépression. La plupart des patients sont atteints à vie ; il est donc important pour eux de développer des stratégies pour y faire face.

3 - SYMPTÔMES

Le vitiligo se manifeste par des taches de forme irrégulière sur la peau, dépourvues de la pigmentation normale due à la mélanine et qui sont de ce fait très pâles, roses ou presque blanches. Le vitiligo généralisé est souvent symétrique, touchant les deux côtés du corps. Les sites les plus fréquemment touchés sont les mains et le visage, les zones entourant les orifices corporels (yeux, narines, bouche, nombril et région génitale) ainsi que les zones de plis cutanés comme sous les bras ou au niveau de l’aine. Les cheveux peuvent également perdre leur pigmentation et blanchir. Les démangeaisons sont rares. Le vitiligo segmentaire présente une distribution unilatérale (vitiligo asymétrique) qui peut correspondre totalement ou en partie à un segment cutané.

L’exposition au soleil renforce le contraste entre la peau bronzée et la peau atteinte de vitiligo, ce qui peut provoquer une gêne chez les personnes affectées. L’exposition au soleil peut en outre provoquer des brûlures au niveau des zones exposées.

La repigmentation débute souvent autour des follicules pileux, ce qui donne initialement un aspect tacheté à la peau.

4 - CAUSES

La couleur des cheveux/poils et de la peau est normalement déterminée par la mélanine. Le vitiligo survient lorsque les cellules qui produisent la mélanine (les mélanocytes) cessent de fonctionner. La cause exacte de ce phénomène n’est pas connue. On considère toutefois que le vitiligo est une maladie auto-immune au cours de laquelle le système immunitaire du corps rejette ses propres mélanocytes. D’autres maladies auto-immunes, comme une maladie thyroïdienne, peuvent accompagner le vitiligo. Les études menées auprès de jumeaux ou dans des familles soulignent l’importance de la prédisposition génétique dans le développement du vitiligo, outre celle de facteurs environnementaux.

Des traumatismes cutanés répétés, comme des frottements, ou le fait de se gratter, peuvent déclencher le vitiligo : il s’agit du phénomène de Koebner. Aucune preuve médicale ne permet d’établir un lien entre le tabagisme ou le régime alimentaire et le vitiligo.

5 - TRAITEMENT

Il n’existe pas de traitement curatif pour le vitiligo. Bien qu’il existe un traitement contribuant à rétablir la coloration cutanée, il ne permet pas d’empêcher la dépigmentation de s’étendre ou de réapparaître. De plus, la repigmentation peut ne pas être définitive. Étant donné que les soins sont souvent prolongés, les patients sont souvent frustrés par l’échec des traitements précédents. Un stress psychologique est souvent présent. Le plan thérapeutique doit faire l’objet de discussions avec le patient pour obtenir un niveau élevé d’observance. Il convient de rappeler que certains traitements ne sont pas autorisés pour le vitiligo et ne peuvent être prescrits qu’en dehors de leurs indications autorisées.

Plusieurs options thérapeutiques sont disponibles :

  • Écrans solaires. Les zones cutanées touchées par le vitiligo brûlent facilement au soleil. L’application d’un écran solaire doté d’un indice de protection (SPF) élevé sur toutes les zones exposées permet de protéger la peau affectée par le vitiligo et si la crème est appliquée plus largement, elle réduit le contraste entre les zones de vitiligo et les zones normales qui les entourent.
  • Dermocorticoïdes. L’application d’une crème ou d’une pommade anti-inflammatoire puissante ou très puissante à base de corticostéroïdes (p. ex., clobétasol) sur les zones touchées par le vitiligo peut rétablir en partie la pigmentation. Ce traitement peut avoir des effets secondaires locaux (atrophie cutanée, télangiectasie, hypertrichose, éruptions acnéiformes et vergetures) liés à l’utilisation prolongée de corticostéroïdes puissants ou très puissants.
  • Inhibiteurs topiques de la calcineurine. Ces substances peuvent également restaurer la pigmentation chez certains patients. Ces traitements locaux (p. ex., tacrolimus/pimécrolimus) permettent d’éviter l’un des effets secondaires des corticostéroïdes : l’affinement de la peau.
  • Photothérapie. Ce traitement consiste à exposer la peau affectée à une lumière ultraviolette artificielle. La photothérapie peut être utile pour certains patients atteints de vitiligo. Cependant, ce traitement doit souvent être prolongé (durant au moins plusieurs mois). Une repigmentation complète est rare, et une dépigmentation peut se produire après le traitement. On peut également utiliser la photothérapie en association avec des traitements par corticostéroïdes en application locale ou par voie orale.
  • Anti-oxydants. La survenue d’un stress oxydatif cellulaire pendant la progression du vitiligo justifie l’administration topique ou systémique d’anti-oxydants tels que la pseudocatalase, la vitamine E, la vitamine C, l’ubiquinone, l’acide lipoïque, Polypodium leucotomos, l’association catalase/superoxyde dismutase et le Ginkgo biloba. Ces traitements sont utilisés seuls ou en association avec la photothérapie. Cependant, les preuves de leur efficacité sont limitées et des confirmations supplémentaires sont nécessaires avant que leur prescription ne puisse être recommandée.
  • Traitement laser. Une amélioration de certaines zones de vitiligo a été constatée par un traitement utilisant le laser Excimer. Il semble notamment efficace sur les cas de vitiligo n’ayant pas évolué depuis longtemps et touchant des zones de peau relativement petites. Le traitement laser peut parfois s’utiliser en association avec des traitements locaux.
  • Traitement chirurgical. Il consiste à greffer de petites zones de peau normale sur des zones de vitiligo stable. Cette méthode de traitement est en cours de développement et son utilisation n’est pas encore généralisée.
  • Élimination de la pigmentation restante. Lorsque le vitiligo est très étendu (plus de 50 % de la surface corporelle) ou lorsqu’il affecte des zones importantes du visage ou des mains, il peut être raisonnable, dans certaines circonstances exceptionnelles, d’envisager d’éliminer de petites quantités de zones pigmentées de la peau avec un produit chimique blanchissant comme l’hydroquinone.
  • Camouflage cutané. Des avis d’experts concernant le camouflage cutané sont aujourd’hui très largement accessibles. De nombreux produits auto-bronzants, colorants, lotions blanchissantes, crèmes couvrantes teintées, fonds de teint compacts, liquides et en stick, poudres fixantes, sprays fixants, nettoyants, tatouages semi-permanents ou permanents et colorants pour les poils du visage et les cheveux blancs sont actuellement disponibles. Il existe des produits de camouflage de qualité, proposés dans différentes couleurs, résistants à l’eau et moins susceptibles d’être éliminés par les frottements.
  • Traitements psychologiques. La dépigmentation a un impact négatif sur l’apparence des patients et leur estime de soi, entraînant un isolement social dans le cadre de leurs relations personnelles et professionnelles. Il peut être utile, pour certains patients, de bénéficier d’une aide professionnelle pour apprendre à élaborer des méthodes pour faire face à ces difficultés.

6 - CONSEILS

  • Protégez les parties du corps exposées avec des vêtements et n’oubliez pas de porter un chapeau pour protéger le visage, le cou et les oreilles, ainsi qu’une paire de lunettes de soleil anti-UV.
  • Restez à l’ombre entre 11 h et 15 h lorsqu’il fait beau.
  • Lorsque vous choisissez un écran solaire, préférez un indice de protection élevé (SPF 50 ou plus) pour vous protéger des UVB et des UVA.
  • Appliquez de l’écran solaire en grande quantité 15 à 30 minutes avant de vous exposer au soleil et renouvelez l’application toutes les deux heures, ainsi qu’immédiatement après vous être baigné(e), séché(e) avec une serviette et après avoir pratiqué un exercice physique intense.
  • Il pourra être nécessaire de prendre des compléments de vitamine D, car l’évitement strict du soleil peut réduire les taux de vitamine D. Parlez-en avec votre médecin.

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