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Carcinomes basocellulaires

13 février 2012, par GUILLOT B. , BASSET-SEGUIN N. & RENAUD-VILMER C.

Le carcinome basocellulaire (CBC) est le cancer cutané le plus fréquent. Il survient dans la grande majorité des cas après 50 ans. En France, l’incidence est de 70 individus pour 100 000 habitants. Cette incidence varie en fonction du phototype et de la latitude. Ainsi, dans les pays de fort ensoleillement pour une population de phototype clair comme l’Australie, l’incidence est élevée, de l’ordre de 400 cas pour 100 000. Le CBC se développe classiquement de novo, ou dans de très rares cas peut compliquer l’évolution d’un hamartome verruco-sebacé de Jadasshon. Le facteur étiologique majeur est l’exposition solaire expliquant que 80 p. 100 des CBC surviennent sur les zones découvertes, et essentiellement sur la tête et le cou. Les expositions solaires intermittentes seraient plus impliquées que l’exposition solaire chronique. Certaines affections génétiques prédisposent au développement des CBC par exemple : le xeroderma pigmentosum, maladie liée à un déficit autosomique récessif de la réparation de l’ADN, et la naevomatose basocellulaire ou syndrome de GORLIN lié à des mutations de la voie de signalisation sonic-Hedghog. Ces deux génodermatoses sont chacune l’objet d’un chapitre particulier. Les CBC se développent aussi volontiers sur des lésions de radiodermite.

Il existe une grande hétérogéneité dans les CBC. Plusieurs classifications anatomo-cliniques sont proposées, fondées sur l’agressivité évolutive du CBC. Ces classifications ont pour but d’homogénéiser la prise en charge thérapeutique de ces tumeurs. La conférence de consensus française sur la prise en charge des CBC de l’adulte de juin 2004 propose 3 sous-types cliniques (le CBC nodulaire, le CBC superficiel, et le CBC sclérodermiforme, les 3 sous-types pouvant se pigmenter et/ou s’ulcérer) et 4 sous-types histologiques (le CBC nodulaire, le CBC superficiel, le CBC infiltrant au sein duquel le CBC micro-nodulaire est inclus, et le CBC sclérodermiforme, ces différents sous-types pouvant s’associer). D’autres classification incluent les CBC micronodulaires au sein des CBC nodulaires et les CBC sclérodermiforme au sein des CBC infiltrant, en précisant bien le caractère agressif de ces deux formes. La décision thérapeutique devra donc toujours être guidée par une analyse histologique préalable (biopsie). La gravité du CBC s’accroît du type superficiel et nodulaire jusqu’au type sclérodermiforme et térébrant. Dans les formes histologiques mixtes, le sous-type de la composante de plus mauvais pronostic doit être retenu. La prise en charge thérapeutique de ces tumeurs doit aussi tenir compte d’autres facteurs pronostiques que sont la localisation, la taille et le caractère récidivant. Pour les localisations on peut distinguer les zones à bas risque (tronc et membres), les zones à risque intermédiaire (front, joue, menton, cuir chevelu et cou), et les zones à haut risque (nez et zones peri-orificielles de l’extrémité céphalique). Pour la taille, le risque de récidive dépend aussi de la topographie de la tumeur ; ce risque est augmenté sur les zones à haut risque pour un diamètre supérieur à 1 cm, et sur les zones à bas risque ou risque intermédiaire, pour un diamètre supérieur à 2 cm.

Ainsi la conférence de consensus française a proposé 3 groupes pronostiques :

— Le groupe de mauvais pronostic : les formes cliniques sclérodermiformes ou mal limitées et les formes histologiques agressives (CBC métatypique, infiltrant et sclerodermiforme) ; les formes récidivées (à l’exception des CBC superficiels) ; les CBC nodulaires des zones à haut risque et de taille supérieur à 1 cm.

— Le groupe de bon pronostic : tous les CBC superficiels primaires et la tumeur de Pinkus ; les CBC nodulaires primaires, bien limités, de moins de 1 cm sur les zones à risque intermédiaire et de moins de 2 cm sur les zones à bas risque.

— Le groupe de pronostic intermédiaire : les CBC superficiels récidivés ; les CBC nodulaires < 1 cm sur les zones à haut risques, > 1 cm sur les zones à risque intermédiaire et > 2 cm sur les zone à bas risque.

Cependant, malgré les différences d’agressivité locale de ces formes histologiques, les CBC ne métastasent quasiment jamais. Les objectifs du traitement sont avant tout une efficacité carcinologique, mais aussi, du fait des localisations préférentielles au niveau des zones découvertes, un résultat esthétique convenable, et un confort optimal pour le patient. Les données de la littérature ont montré qu’il était difficile de comparer les différentes techniques sans standardiser les modes de suivi.

Une méta-analyse a rapporté que les récidives des CBC (estimées à 10 p. 100 des cas environ), quels que soient les traitements employés, étaient observées à 3 ans pour deux tiers des patients et à 5 ans pour 18 p. 100 d’entre eux. Un suivi prolongé est donc nécessaire pour apprécier et comparer l’efficacité de ces techniques.

LIEN UTILE

Dermato-info : Cancers de la peau - les carcinomes

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