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Thérapeutique Dermatologique
Un manuel de référence en dermatologie

Toxidermies (Réactions cutanées aux médicaments)

7 mai 2019, par PIMENTA R.

1 - REMERCIEMENTS

Ce chapitre a été écrit grâce à l’aide de l’EADV, de la Fondation René Touraine et de Thérapeutique Dermatologique.

2 - PRÉSENTATION

Les éruptions médicamenteuses/toxidermies sont des réactions cutanées indésirables résultant de l’ingestion, de l’administration parentérale ou de l’application locale d’un médicament (médicaments délivrés sur prescription médicale ou en vente libre, vitamines et compléments alimentaires à base de plantes). Les éruptions médicamenteuses sont fréquentes et leurs manifestations cliniques peuvent être variées. La plupart d’entre elles sont légères et disparaissent à l’arrêt du médicament responsable. Toutefois, des réactions cutanées indésirables plus graves peuvent être associées à des lésions d’organes tels que le foie ou les reins.

3 - SIGNES ET SYMPTÔMES

Les éruptions médicamenteuses peuvent prendre la forme de diverses réactions cutanées, incluant des taches ou des papules roses ou rouges (éruption maculopapuleuse), une urticaire (éruption urticarienne), des vésicules (éruption bulleuse), des papules remplies de pus (éruption pustuleuse) ou une sensibilité à la lumière du soleil (photosensibilité). Les lésions sont souvent associées à des démangeaisons, mais certaines sont douloureuses ou peuvent entraîner une sensation anormale sur la peau. Elles peuvent toucher la totalité de la surface cutanée ou se limiter à une partie du corps. Les éruptions médicamenteuses peuvent apparaître dans les minutes ou les heures suivant l’administration d’un médicament, mais elles surviennent généralement des jours ou des semaines plus tard, après l’arrêt du médicament.

Dans les éruptions médicamenteuses légères, l’atteinte systémique est souvent absente ou limitée. Toutefois, certaines éruptions médicamenteuses peuvent faire partie d’une réaction plus grave pouvant engager le pronostic vital.

Les signes indicateurs d’une éruption médicamenteuse avec atteinte systémique incluent :

  • Fièvre
  • Douleur ou faiblesse musculaire
  • Difficultés respiratoires
  • Peau sensible
  • Gonflement du visage
  • Vésicules
  • Atteinte des membranes muqueuses (yeux, bouche, région génitale)
  • Augmentation de volume des ganglions lymphatiques
  • Papules ne blanchissant pas (la couleur ne disparaît pas à la pression) ou semblables à des bleus sur la peau
  • Desquamation cutanée

4 - CAUSES

Les éruptions médicamenteuses peuvent être à médiation immunologique ou non immunologique (réactions médicamenteuses imprévisibles, déficits enzymatiques, dermatite irritante et toxicité cumulée).

Bien que tout médicament puisse provoquer une éruption cutanée indésirable, les médicaments les plus fréquemment associés à une éruption cutanée incluent les classes suivantes :

  • Antibiotiques, comme la pénicilline ou les médicaments à base de sulfamides (par exemple, sulfaméthoxazole)
  • Médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, le naproxène ou l’indométhacine
  • Anticonvulsivants, comme la phénytoïne, la carbamazépine ou la lamotrigine
  • Antipsychotiques
  • Diurétiques
  • Agents de chimiothérapie
  • Traitement antirétroviral

Les tétracyclines, les fluoroquinolones, les antipsychotiques et le chlorothiazide sont des causes fréquentes de réaction de photosensibilité.

5 - TRAITEMENT

L’identification et l’arrêt du médicament en cause, lorsque c’est possible, constituent une première étape essentielle. Dans la plupart des cas, la réaction cutanée disparaîtra en 5 à 10 jours et ne nécessite aucun autre traitement. Les traitements de soutien incluent les antihistaminiques oraux, les corticoïdes locaux et les lotions hydratantes. Les corticoïdes oraux peuvent être envisagés dans des cas spécifiques. Les réactions sévères nécessitent une hospitalisation.

Par la suite, le médicament en cause doit être évité, comme tous les médicaments de la même classe. Ils peuvent être remplacés par un composé non lié chimiquement possédant des effets pharmacologiques similaires. Toutefois, si aucun médicament de substitution n’est disponible et si la réaction est légère, il peut être raisonnable de tenter une nouvelle administration du médicament, sous surveillance médicale étroite.

6 - CONSEILS UTILES

  • À faire :
    • Prendre un médicament antihistaminique pour réduire les démangeaisons
    • Maintenir l’éruption propre et sèche pour réduire le risque d’infection en utilisant un désinfectant
    • Prendre des douches froides ou appliquer des compresses froides
  • À ne pas faire :
    • Ne pas prendre d’autre médicament avant d’avoir parlé à son médecin
  • Demandez un rendez-vous en urgence à votre médecin le plus tôt possible si :
    • Vous commencez un nouveau traitement et avez développé une éruption (préparer la liste de tous vos médicaments)
  • Consultez les urgences si :
    • Vous présentez des symptômes aigus en plus de l’éruption, par exemple :
      • Difficultés respiratoires
      • Gonflement de la langue, des lèvres, de la gorge ou du visage
      • Nausées et vomissements
      • Zones de desquamation cutanée
      • Plaies sur les yeux, la bouche et la région génitale

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