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Délire d’infestation cutanée

23 février 2012, par CONSOLI S.G.

La peau est un organe privilégié de la vie de relation. Visible, touchée, facilement accessible, la peau est particulièrement liée à la vie émotionnelle et à la vie socioaffective et psychique. C’est pourquoi certaines difficultés psychologiques peuvent s’exprimer au niveau de la peau : des plus banales (par exemple le fait de rougir en public) aux plus rares et graves (par exemple les automutilations).

Ainsi, certains malades sont convaincus que leur peau est infestée par des parasites. La survenue de ces idées, qui ne sont jamais longtemps reconnues comme fausses par le malade, est favorisée par un état anxieux et dépressif chez un malade souvent isolé, plutôt actif, énergique, méticuleux et venant de traverser des événements de vie éprouvants (un deuil par exemple).

Le traitement vise à éliminer les idées délirantes. Dans ce but, on a recours à des médicaments psychotropes appelés neuroleptiques vite efficaces et dont la posologie doit être adaptée selon les résultats, les effets secondaires et l’âge du malade.

Les neuroleptiques sont parfois associés à des antidépresseurs.

Le traitement vise aussi à améliorer les conditions de vie qui ont favorisé parfois la survenue de ces idées délirantes. C’est pourquoi le traitement chimique neuroleptique et éventuellement antidépresseur doit être associé à des entretiens à visée psychothérapique dont le but est de lutter contre l’isolement, la solitude, la déprivation sensorielle (amélioration de l’audition et de la vue par exemple) et les conflits relationnels (familiaux par exemple).

Le traitement doit donc être double, à la fois dermatologique et psychiatrique. Le dermatologue assure les soins locaux d’une peau qui a pu être traumatisée par un malade à la recherche de parasites cutanés inexistants.

Le dermatologue initie la démarche vers un psychiatre, soutient et encourage le malade dans cette démarche et dans celles visant à améliorer ses conditions de vie. Il est rare cependant que le dermatologue seul prescrive les neuroleptiques et/ou les antidépresseurs.

Le recours au psychiatre (qui seul, à la différence du psychologue, peut prescrire) est donc le plus souvent indispensable. Il est réalisé par un psychiatre qui a l’habitude de travailler avec le dermatologue et qui prend le temps de mettre en place des entretiens à visée psychothérapique.

L’amélioration et la guérison du délire d’infestation cutanée est souvent rapide. Cependant, pour consolider cette guérison et éviter les rechutes, le suivi thérapeutique doit être prolongé avec le dermatologue et le psychiatre au sein d’une relation médecin/malade confiante.

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