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Thérapeutique Dermatologique
Un manuel de référence en dermatologie

Myiases furonculoïdes

3 mai 2012, par CARSUZAA F.

Les myiases furonculoïdes sont des impasses parasitaires temporaires caractérisées par le développement, dans le tissu dermo-hypodermique, d’une larve de mouche. Elles constituent la quatrième cause de pathologie cutanée liée aux voyages et concernent de nombreuses régions du monde (Tableau I)

La physiopathologie et le diagnostic clinique sont respectivement présentés aux tableaux II et III.

Deux mouches : Dermatobia hominis et Cordylobia anthropophaga sont les plus couramment observées (Tableau II).

Le diagnostic est clinique chez un sujet ayant séjourné en zone d’endémie (Tableau III). Un examen échographique est parfois utile.

Une leishmaniose cutanée, une tungose ou une larva migrans cutanée prêtent rarement à discussion.

Le pronostic est bon. L’exception est constituée par la myase cérébrale à D. hominis compliquant une infestation des fontanelles chez le nourrisson.

1 - TRAITEMENT

L’expulsion de la larve peut être obtenue par divers moyens selon les coutumes locales – parfois ancestrales (Mayas) – ou l’expérience – souvent ponctuelle – de telle ou telle équipe. Trois techniques sont habituellement proposées :

– l’application de substances toxiques pour les œufs et les larves : tabac macéré, lidocaïne injectée sous la cavité ou à ses extrémités, Ivermectine à 1 p. 100 dans une solution de propylène glycol ;

– l’application de produits occlusifs provoquant une asphyxie de la larve qui migre ainsi hors de la peau en quelques heures (3 à 24 heures) : produits gras (paraffine, vaseline, lamelles de lard), vernis à ongle, ruban adhésif, essence d’anis, chewing-gum, crème de maquillage… Les substances grasses sont préférées car elles permettent de limiter le risque de mort de la larve dans sa cavité (extraction plus difficile) ;

– l’évacuation mécanique après application de Térébenthine minérale ou chirurgicale (incision cruciforme) après anesthésie locale sous-lésionnelle. Dans l’option chirurgicale, le risque est de sectionner la larve et de générer un granulome à corps étranger.

La place de l’Ivermectine par voie systémique n’est pas clairement définie.

Les indications sont :

– pour D. hominis : l’occlusion par corps gras et/ou l’anesthésie locale sous le nodule avec « épisiotomie » limitée, suivie d’une extraction à l’aide d’une pince ;

– pour C. anthropophaga : un corps gras et une extraction par simple pression.

L’antibiothérapie générale n’est recommandée qu’en cas de surinfection (rare).

Le lavage de la cavité avec un antiseptique (povidone iodée) complète l’extraction du parasite.

Le statut vaccinal anti tétanique doit être évalué.

2 - PREVENTION

La prévention est essentielle :

– pour D. hominis : la protection contre les moustiques (répellents, moustiquaires, vêtements à tissage serré) est la même que celle préconisée pour la prévention d’autres pathologies infectieuses (leishmaniose…) ;

– pour C. anthropophaga  : il faut éviter le couchage direct sur les sols sablonneux, faire sécher le linge à l’abri des mouches et le repasser des deux côtés (en particulier les draps).

 

Tableau I Principales myiases furonculoïdes

Géographie

Parasite (famille/sous famille/genre/espèce)

Alaska, Amérique du Nord,

Europe, Népal

OESTRIDAE/Hypodermatinae/Hypoderma/ - bovis, - lineatum

Amérique du Nord (Canada), Centre Mexique

OESTRIDAE/Cuterebrinae/Cuterebra/ - polita, - latifrons

Amérique du Nord

SARCOPHAGIDAE/Wohlfahrtia/ - vigil, - opaca

Amérique Centrale, Amérique

du Sud (Sud Mexique, Nord

Argentine)

OESTRIDAE/Cuterebrinae/Dermatobia/ - hominis

Afrique sub-saharienne, Ethiopie

CALLIPHORIDAE/Cordylobia/ - anthropophaga - rodhaini

D’après MAIER et al. [2]

 

Tableau II Physiopathologie des myiases furonculoïdes.

Mouches

Cycle

Larve

 

Dermatobia hominis

Œufs déposés sur des arthropodes

Forme de carafe ventrue

Crochets

 

Cordylobia anthropophaga

Ponte sur les sols ou les linges humides

Forme cylindrique

 

 

 

Tableau III Diagnostic clinique des myiases furonculoïdes.
 

D. hominis

C. anthropophaga

 

Topographie

Zones découvertes (cuir chevelu, membres supérieurs).

Zones couvertes (dos, fesses).

 

Nombre

< 5

1 à plusieurs dizaines

 

Type

Papule prurigineuse → nodule furonculoïde (centré par un orifice-exsudat séro-sanglant,correspondant à la queue de la larve pourvue de l’appareil respiratoire)

Sensation de fourmillements et de mouvements

Lésions de plus petite taille, superficielles, volontiers prurigineuses.

 

Maturité (pulpe)

2 à 3 mois

8 à 12 jours.

 
 

Absence d’adénopathie

Absence d’adénopathie

 

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