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Alopécies

20 juin 2016, par MATARD B. & REYGAGNE P.

Sommaire

Face à une alopécie, la première démarche consiste à porter un diagnostic étiologique. La demande esthétique croissante, notre mode de vie actuel et l’existence de traitements antichute plus efficaces qu’il y a une vingtaine d’années, notamment dans la prise en charge de l’alopécie androgénétique masculine, motivent des consultations de plus en plus fréquentes pour chute de cheveux diffuse.

Les causes les plus habituelles des chutes de cheveux sont l’alopécie androgénétique masculine ou féminine, avec ou sans hyperandrogénie, les alopécies diffuses non androgénétiques au premier rang desquelles nous retrouvons les effluvium télogènes aigues et chroniques, les dysthyroïdies, la pelade, les teignes, la trichotillomanie, les étiologies médicamenteuses, les alopécies cicatricielles et les alopécies de traction. Les autres étiologies (infections, tumeurs, dysplasies pilaires héréditaires, dermatoses localisées au cuir chevelu, maladies systémiques ou carentielles, malabsorption...) sont plus rares. La démarche diagnostique doit suivre un plan systématique avec un interrogatoire soigneux sans oublier la recherche de médicaments ou de toxiques, un examen clinique local et général. Le traitement dépendra de l’étiologie de l’alopécie.

Chez la femme les chutes de cheveux diffuses ont un impact fort sur la qualité de vie, elles réduisent l’estime de soi et augmentent le stress. La principale difficulté consistera à savoir si nous sommes face à une alopécie androgénétique ou face à une effluvium télogène, les deux pouvant être associés.

DÉFINITIONS

Il faut différencier alopécie et effluvium.

Une alopécie est une diminution diffuse ou localisée, aiguë ou chronique, partielle ou totale de la densité des cheveux ou des poils.

Un effluvium est une chute diffuse excessive et pathologique, aiguë ou chronique des cheveux ou des poils, conduisant à une alopécie qui peut être réversible après arrêt de l’effluvium. Un effluvium peut être de type anagène, télogène ou mixte selon la phase du cycle pilaire pendant laquelle la chute se produit. Celle-ci sera déterminée par l’examen des racines pilaires recueillies lors du test de traction. Ces racines pilaires seront examinées à l’œil nu ou au dermatoscope. Dans les cas difficiles un trichogramme sera réalisé.

L’importance d’une chute de cheveux est difficile à apprécier. Une chevelure normale comporte de 100 000 à 150 000 cheveux. La densité moyenne est de 250 à 350 cheveux/cm2, et 50 à 150 sont renouvelés tous les jours de façon normalement non ou peu perceptible. Trouver des cheveux au shampooing et au brossage est normal et tout dépend du nombre de cheveux retrouvés et de la fréquence des shampooings. En revanche trouver des cheveux sur l’oreiller le matin et sur les épaules ou sur les vêtements dans la journée traduit toujours une chute importante de plus de 150 cheveux par jour.

CYCLE PILAIRE

À l’inverse de certaines espèces animales, l’homme possède des follicules pileux non synchrones et nos cheveux se renouvellent donc cycliquement, indépendamment les uns des autres. Chaque cycle pilaire comporte trois phases : anagène, catagène et télogène.

La phase anagène est une phase de croissance au cours de laquelle le follicule pileux volumineux est profondément ancré dans le derme profond et l’hypoderme superficiel. Le bulbe est large et les mitoses sont nombreuses. Le cheveu pousse à la vitesse de 0,3 à 0,4 mm/j, soit 1 cm/mois. Cette phase anagène dure en moyenne 3 ans chez l’homme et 6 ans chez la femme.

La phase catagène est une phase de transition au cours de laquelle les mitoses cessent et le follicule diminue de volume en s’ascensionnant dans le derme moyen. Le bulbe involue, les gaines épithéliales aussi. Cette phase dure 2 à 3 semaines.

La phase télogène est une phase de repos puis de chute. Le bulbe poursuit son involution et prend une forme de massue ou de coton-tige, les gaines épithéliales disparaissent totalement et le cheveu tombe en 3 mois. Il est expulsé en fin de phase télogène et cette période d’expulsion est appelée phase exogène. La phase télogène dure 3 mois.

Les follicules ayant perdu leur tige pilaire rentrent ensuite dans une nouvelle phase anagène et produisent un nouveau cheveu. La densité de cheveux reste stable et aucune alopécie ne s’installe. Pour certains follicules il existe un délai plus ou moins long entre la fin de la phase télogène et l’apparition de la nouvelle phase anagène. Les follicules restent au repos, les ostia sont optiquement vides et cette période de latence qui peut durer de 1 à 5 mois est appelée phase kénogène. La phase kénogène s’allonge progressivement lorsque les cheveux se miniaturisent au cours de l’alopécie androgénétique.

Nous perdons en moyenne 50 à 150 cheveux par jour. Il existe des variations saisonnières, avec une chute plus importante au printemps et encore plus importante au cours des mois d’août et de septembre. Une chute supérieure à 150 cheveux par jour pendant plusieurs jours est toujours anormale.

La vitesse de pousse : dans une population normale, la vitesse de pousse dépend de l’âge, du sexe, de l’existence d’une alopécie androgénique (AAG) et du diamètre des cheveux : en moyenne, entre 16 et 22 ans, 0,39 mm/jour pour des cheveux de plus de 60 mm de diamètre chez la femme et 0,38 mm/jour chez l’homme. Ces vitesses sont réduites à 0,27 et 0,25 mm/jour chez la femme et chez l’homme pour des cheveux-duvets de 20 à 30 mm de diamètre et elles peuvent encore diminuer à 0,24 et 0,21 mm/jour en cas d’AAG sévère.

L’interprétation des trichogrammes et de l’importance de la chute doit tenir compte de ces phénomènes saisonniers. Ces variations saisonnières expliquent le nombre élevé des consultations pour chute de cheveux observées à l’automne. Elles imposent par ailleurs, pour toute étude thérapeutique antichute, de comparer le groupe traité à un groupe témoin, en double aveugle si possible, et au mieux de faire des études sur une année complète. Toute étude de produit antichute non comparative effectuée sur une durée de 3 à 6 mois et débutée en septembre sera positive, quelle que soit l’action réelle du produit testé. Enfin, il faudra interpréter avec prudence les études mentionnant une variation isolée du pourcentage de cheveux anagènes ou encore une variation du rapport cheveux anagènes/cheveux télogènes (A/T). Le critère principal objectif et mesurable de toute étude clinique devra rester la densité totale de cheveux observée par centimètre carré, critère corrélé à une amélioration cosmétique de la chevelure.

LIENS UTILES

L’alopecie

Centre de santé Sabouraud

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