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Prurigo strophulus

24 février 2005, par BARBAUD A.

Le prurigo strophulus touche surtout l'enfant de 2 à 7 ans. Ses facteurs prédisposants seraient un terrain atopique et des conditions socio-économiques défavorisées. Il est caractérisé par des poussées de lésions très prurigineuses, siégeant sur les parties découvertes, les membres inférieurs, les points de striction et le tronc. Leur disposition est parfois linéaire. La lésion élémentaire est une papule érythémateuse souvent centrée par une petite vésicule. Des lésions plus atypiques peuvent y être associées, croûtelleuses, bulleuses ou pseudo-urticariennes. La surinfection est fréquente, les lésions devenant alors papulo-pustuleuses.

Le prurigo strophulus est dû à une hypersensibilité cellulaire retardée à des parasites de l'environnement [1, 2]. Il s'agit principalement d'acariens, que ce soient des acariens des poussières de maison comme le Dermatophagoides pteronyssinus, des chats et des chiens (sarcoptes, Cheyletiella), de l'herbe comme les Trubiculidae (aoûtats). Des arthopodes portés par les animaux domestiques comme les puces peuvent aussi être en cause.

Le traitement du prurigo strophulus est avant tout symptomatique [2]. Le prurit peut être amélioré par la mise sous antihistaminiques (anti-H1). Il est préférable d'utiliser les anti-H1 de seconde génération, moins sédatifs que les anti-H1 cholinergiques plus anciens. L'oxatomide (Tinset® suspension buvable) peut être utilisée sans limitation d'âge. La cétirizine (Zyrtec® solution buvable, Virlix®) ou la loratadine (Clarityne® sirop) peuvent être prescrites chez l'enfant de plus de 2 ans, la fexofénadine (Telfast® 180 mg) ou la mizolastine (Mistaline®, Mizollen®) à partir de 12 ans.

Pour éviter la fréquente surinfection secondaire au grattage, il convient de couper les ongles de l'enfant et d'utiliser des solutions antiseptiques dans le bain.

La réaction d'hypersensibilité retardée nécessite dans la plupart des cas le recours à une corticothérapie locale de classe II ou III. Le recours à une corticothérapie générale, brève, doit demeurer exceptionnel.

La réaction d'hypersensibilité étant due à des parasites qui ne restent pas sur la peau, les traitements acaricides cutanés comme le benzoate de benzyle ou le crotamiton (Eurax®) n'ont pas démontré leur efficacité [2]. Lorsque le parasitisme des animaux domestiques est en cause, la désinfection de ces derniers est indispensable. La diminution d'exposition aux acariens des maisons qui passe par la suppression des moquettes, tapis, doubles rideaux, peluches en trop grand nombre et matelas de laine. L'efficacité de ces mesures, classiquement proposées dans la prise en charge de l'atopie, et des traitements anti-acariens (sprays, housses pour matelas et oreillers) n'a pas été évaluée dans la prise en charge du prurigo strophulus.

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