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Nævus (prise en charge)

21 mars 2012, par GROB J.-J. & GAUDY-MARQUESTE C.

INFORMATION AUX PATIENTS

• Qu’est-ce qu’un nævus ? Les nævus ou tumeurs mélanocytaires bénignes ne se limitent pas aux « grains de beauté », ce qui sous-entend la notion de relief (grain), et ce sont plus souvent de petites taches planes brunes ou noires. Chaque individu en porte de quelques uns à plus de cent. La plupart des nævus apparaissent dans l’enfance, mais leur nombre final dépend de la génétique familiale et de l’exposition au soleil, surtout celle reçue dans les premières décennies. Une partie d’entre eux disparaissent au cours de la vie et de nouveaux peuvent apparaître.

• Du nævus au mélanome : la plupart des mélanomes ne naissent pas à partir d’un nævus. Enlever des tas de nævus pour éviter un jour un mélanome n’a donc pas de sens. Cette mesure inutile aurait un coût énorme.

La transformation d’un nævus est en effet un phénomène exceptionnel. Il y a un grand nombre de nævus chez chaque individu (de 5 à plus de 100) et seulement un individu sur 10 000 développe un mélanome chaque année. Le taux de transformation a été estimé entre 1/20 000 chez l’homme et 1/20 000 chez la femme.

Les seuls nævus qui ont un risque élevé de se transformer en mélanome sont les lésions mélanocytaires malformatives. Les grands nævus qui vont de plus de 5 cm de diamètre jusqu’à couvrir de grands segments de corps sont très rares. Ils sont souvent déjà présents à la naissance (congénitaux) ou apparaissent assez tôt dans la première enfance. Le taux de transformation est vraisemblablement lié à la taille de la lésion, les formes géantes et celles avec atteintes de l’axe médian étant les plus à risque d’une dégénérescence qui peut survenir sur la peau mais aussi au sein d’une éventuelle composante du naevus dans le névraxe. Pour les nævus dits « géants », un avis rapide dès la naissance est indispensable auprès du dermatologue.

• Les nævus informent sur le risque de mélanome : les sujets qui sortent de l’ordinaire par le nombre excessif ou l’aspect atypique (irrégulier) de leurs nævus sont à risque plus élevé de voir un jour apparaître un mélanome.

Le profil général des nævus d’un individu (phénotype nævique), c’est-à-dire leur nombre et leur aspect, est une bonne évaluation du risque pour cet individu de développer un mélanome. Ce profil général est en effet vraisemblablement un bon reflet de l’état du système mélanocytaire d’un sujet, qui résulte à la fois de son terrain génétique et des expositions solaires reçues.

Un sujet avec beaucoup de naevus surtout si ils sont de grande taille et assez irréguliers morphologiquement peut être considéré comme particulièrement à risque de développer un jour un mélanome doit être surveillé. Il lui est donc conseillé de prendre avis auprès de son dermatologue ou de son médecin traitant. Il en est de même des sujets issus d’une famille avec beaucoup de nævus.

• Comment repérer un mélanome au milieu de milliers de nævus : l’immense majorité des lésions brunes ou noires correspondent à des nævus et, chez le sujet après 50 ans, à des verrues séborrhéiques. Cependant, on doit être vigilant car un mélanome, lorsqu’il apparaît, peut ressembler au début à l’une de ces lésions banales. On ne peut se permettre de repérer ce mélanome plus tard, quand il prendra une allure franchement inquiétante, car il aura alors peut-être déjà donné des métastases.

• Savoir consulter dans les situations où une lésion considérée comme un « nævus » pourrait en réalité être un mélanome :

– « nævus » qui change d’aspect (forme, taille, couleur) rapidement (en quelques semaines ou mois) ;

– nouveau « nævus » d’apparition récente, en dehors de l’enfance et l’adolescence ;

– « nævus » qui s’écorche ou saigne après un traumatisme minime ou s’enflamme ou démange ;

– « nævus » qui n’a pas l’« air de famille » des autres taches (« vilain petit canard »). Chaque sujet a un profil de naevus qui lui est propre. Une lésion est d’autant plus suspecte qu’elle est différente des autres nævus.

• Aussi chacun doit-il surveiller ses nævus et ceux de ses proches.

• Il faut noter ici que beaucoup de mélanomes ne ressemblent absolument pas à un naevus, mais ceci est un autre chapitre.

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