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Lichen striatus

17 février 2017, par LARQUEY M. & MAHÉ E.

DIAGNOSTIC

Le lichen striatus a été décrit par Senear et Caro en 1941. Il s’agit d’une éruption linéaire acquise d’apparition rapide et transitoire, qui suit les lignes de Blashko. Elle survient typiquement chez l’enfant entre 3 et 10 ans avec légère prédominance de fille. L’éruption apparait brutalement, avec une extension en 2 à 3 semaines et se manifeste par des petites papules rosées ou brunes pâles de 1 à 2 mm, plus ou moins squameuses. Il n’y a pas de stries de Wickham. Le prurit est rare, plutôt décrit chez l’adulte. Il a également été décrit des aspects ressemblant à un eczéma vésiculeux ou un psoriasis.

La topographie est caractéristique, souvent unilatérale, selon les lignes de Blaschko. Chez l’enfant il s’agit le plus souvent d’une bande unique monomélique. Des atteintes bilatérales ou multifocales sont rares mais ont été décrites. Chez l’adulte les atteintes multilinéaires semblent plus habituelles. Les membres sont le plus fréquemment touchés, mais le tronc et la face peuvent aussi être atteints de façon exclusive. 

L’évolution se fait vers la résolution spontanée en moyenne en 9 mois (4 semaines à 3 ans). Il existe fréquemment une hypochromie séquellaire, surtout sur les peaux mates, disparaissant en 1 à 2 ans (lichen striatus albus). Parfois l’aspect est d’emblée hypopigmenté selon les lignes de Blashko sans notion d’éruption initiale. Il pourrait s’agir d’une entité distincte. Les récidives sont possibles par la suite, mais sont rares.

Chez l’adulte, le terme de Blaschkite a été proposé. Le tronc est plus fréquemment touché ; l’atteinte de plusieurs territoires est plus habituelle, parfois bilatérale. L’éruption peut disparaître en quelques jours ou semaines, mais peut récidiver plusieurs fois pendant des mois voire des années.

L’atteinte unguéale est possible et peut précéder l’atteinte cutanée de plusieurs mois à plus d’un an, ou exceptionnellement rester isolée. Elle ne touche souvent qu’un ongle, fréquemment le pouce, et peut se manifester de plusieurs façon : onychodystrophie segmentaire ou de la totalité de la tablette, striation longitudinale, koïlonychie, onycholyse distale, arrêt de croissance, chute de l’ongle, plicature latérale, atrophie. Ces lésons régressent systématiquement, mais persistent parfois plus longtemps que les lésions cutanées (6 mois à plus de 5 ans).

La biopsie cutanée n’est utile qu’en cas de doute diagnostique. L’aspect histologique des lésions initiales peut être évocateur, avec un aspect spongiotique de l’épiderme et un infiltrat dermique papillaire lichénoide lymphocytaire T CD8+ prédominant autour des vaisseaux et des annexes sudorales et pilosébacées. Si une biopsie matricielle est réalisée, l’aspect histologique est celui d’un lichen plan unguéal.

L’étiopathogénie n’est pas connue, mais certaines hypothèses ont été évoquées, notamment un mosaïcisme cutané se révélant sous l’influence d’un facteur déclenchant environnemental tel qu’une virose, une vaccination, un traumatisme ou un terrain atopique. Le lichen striatus est ainsi classé dans les éruptions « paravirales ».

Les diagnostics différentiels sont les autres dermatoses blashkolinéaires telles que le lichen plan linéaire, et surtout l’hamartome épidermique verruqueux inflammatoire linéaire, souvent plus prurigineux et survenant plus précocement dans l’enfance. Le psoriasis linéaire, les blashkites, l’incontinentia pigmenti, les phytophotodermatoses, l’eczéma de contact linéaire, les verrues planes linéaires peuvent aussi être des diagnostics différentiels. Ils peuvent parfois poser de réels problèmes diagnostiques. La biopsie cutanée n’est pas toujours formelle.

INFORMATION AUX PATIENTS

Il faut essentiellement rassurer les parents : c’est une dermatose d’origine inconnue, mais sans risque de généralisation ni de contagion et sans aucune association à d’autres pathologies. L’éruption disparaîtra en moyenne en 9 mois. Il faut bien sûr prévenir du risque de dépigmentation transitoire et localisée.

Les formes multiples de l’adulte ont une évolution spontanée plus courte (4 semaines) mais plusieurs poussées récidivantes sont possibles.

En cas d’atteinte unguéale, la guérison spontanée sans séquelle est également toujours la règle, mais avec une durée d’évolution plus longue que sur le plan cutané.

Les formes d’emblée à type de macules hypopigmentées pourraient avoir une évolution plus longue (3 ans en moyenne) mais évoluent également vers une régression spontanée complète.

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