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Granulome à corps étrangers

15 mai 2013, par FERNANDES S. & SOARES-DE-ALMEIDA L.

1 - CLINIQUE ET ANATOMOPATHOLOGIE

Le terme de granulome à corps étrangers [1-4] définit un profil de réaction tissulaire inflammatoire histiocytaire/macrophagique. Il décrit un type de réponse tissulaire à un matériel exogène (étranger) ou endogène généralement non-présent à l’état libre dans le derme et qui provient habituellement de la pénétration directe du matériel lui-même dans la peau suite à une intervention chirurgicale ou une injection. Une origine infectieuse doit être envisagée dans le cadre du diagnostic différentiel d’une réaction à corps étranger et doit être exclue [5].

Les matériels responsables sont (Tableau I) :

– endogènes : tiges pilaires, kératine, calcium, contenu d’un kyste ;

– exogènes : encres de tatouage, fils de suture, acide hyaluronique, silicone, paraffine, collagène bovin et autres agents injectables de comblement, corticoïdes intralésionnels, bois, silice, talc, zirconium, béryllium, aluminium, amidon, cactus, parties d’arthropodes.

La présentation clinique dépend de la réponse tissulaire au corps étranger et du site anatomique, ainsi que du mode d’entrée, de la composition et de la quantité du matériel en cause. Les principaux aspects cliniques sont des papules, des nodules ou des plaques érythémateuses marron ou mauve. Les lésions deviennent fréquemment plus dures au cours du temps en raison d’une fibrose. Certains matériels entraînent un écoulement, même en l’absence d’agent infectieux (par exemple paraffine et autres huiles), et d’autres peuvent induire des modifications pigmentaires (par exemple, les métaux peuvent provoquer une couleur noire similaire à un tatouage). Les aspects cliniques étant variables, il est essentiel d’être particulièrement suspicieux et d’effectuer un examen histopathologique dans le but de confirmer le diagnostic [1, 5, 6].

Sur le plan histologique [1-3, 7, 8], les granulomes histiocytaires intradermiques avec cellules géantes (qui peuvent être de type corps étranger de Langhans ou de Touton) sont les plus fréquents (Figure 1a, Figure 1b, Figure 2a). Il existe deux types principaux de granulome, qu’il n’est pas toujours facile de différencier, et des aspects différents peuvent parfois être observés sur la même coupe : a) le type allergique (immunologique) caractérisé par des collections d’histiocytes isolés et d’un nombre variable de lymphocytes et de cellules géantes multinucléées de type Langhans (moins nombreuses), et b) le type non-allergique (« à corps étranger »), où des cellules géantes à corps étranger prédominent dans l’infiltrat, qui contient également des histiocytes, des lymphocytes et d’autres cellules inflammatoires.

Un protocole optimal pour l’identification de corps étrangers doit comporter des coupes colorées à l’hématoxyline-éosine, et également des techniques particulières, comme l’examen en lumière polarisée (Figure 2b), les colorations histochimiques par le PAS (acide périodique-réactif de Schiff) ou colorations argentiques (p.ex. de Grocott), voire d’autres procédures facilitant l’identification de la nature chimique du matériel étranger, disponibles dans certains laboratoires de recherche, telles que l’analyse dispersive en énergie (EDXA), la spectrométrie de pertes d’énergie des électrons (EELS), la spectrométrie de masse par microsonde laser et la spectrophotométrie infrarouge [1].

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