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Escarres

15 septembre 2005, par SENET P. & MEAUME S.

Une escarre est une zone localisée de souffrance de la peau et des tissus sous-jacents, causée par la pression, le cisaillement et le frottement ou une combinaison de ces différents facteurs

Le diagnostic de l’escarre est clinique. La peau doit être observé de façon régulière, particulièrement en regard des proéminences osseuses, afin d’identifier précocement la survenue d’une escarre. Les zones où se constituent les escarres dépendent de la position du malade. Une simple rougeur persistante de la peau sans effraction épidermique traduit déjà une escarre constituée : l’escarre de stade 1. Les dégâts tissulaires peuvent atteindre les couches plus profondes, permettant de définir des stades anatomo-cliniques de l’escarre (tableau I). Il est difficile de préciser le stade d’une escarre si elle n’est pas totalement débarrassée de toute la nécrose et du tissu fibrineux.

Sur le plan histopathologique, les dommages occasionnés par l’ischémie prolongée atteignent en premier lieu les structures profondes comme le muscle, puis les tissus sous-cutanée qui sont plus sensibles à l’hypoxie que le derme et l’épiderme.

INFORMATION AUX MALADES

L’escarre est souvent une lésion contractée à l’occasion d’une maladie aiguë, en milieu hospitalier. Il y a lieu d’informer le malade, et le cas échéant sa famille, de l’existence de ces lésions qui vont avoir pour conséquence une augmentation de la durée de l’hospitalisation, ainsi qu’une augmentation de la morbidité et de la mortalité. Ce diagnostic doit figurer dans les comptes rendus de sortie des patients. L’escarre n’est pas toujours évitable, mais un certain nombre de moyens doivent être mis en place pour les prévenir. Aux États-Unis, les institutions sont moins condamnées si des mesures de prévention formalisées existent. Le tableau II précise les principaux éléments de la prévention des escarres selon les recommandations de la Conférence de Consensus française.

Tableau I Classification anatomoclinique des escarres.

Stade 1

Érythème ne blanchissant pas à la pression, sans effraction cutanée

Décoloration de la peau, chaleur, œdème, induration plus ou moins importante, pouvant également être des indicateurs, en particulier chez les individus à peau foncée

Stade 2

Lésion cutanée partielle intéressant l’épiderme, le derme ou les deux

L’ulcération est superficielle et se présente comme une abrasion ou une phlyctène

Stade 3

Lésion cutanée intéressant toutes les couches de la peau, entraînant une souffrance ou une nécrose du tissu sous-cutané pouvant s’étendre au-dessous, mais ne dépassant pas le fascia des muscles sous-jacents

Stade 4

Destruction extensive, nécrose des tissus ou souffrance tissulaire au niveau du muscle, de l’os ou des structures sous-jacentes, avec ou sans perte de substance cutanée complète

 

 

Tableau II Éléments de la prévention des escarres.

Identifier les malades « à risque » nécessitant une prévention individuelle et les facteurs spécifiques les exposant à ce risque (échelle de risque)

Inspecter l’état de la peau quotidiennement au niveau des proéminences osseuses en fonction de la position du patient (sacrum, talon, trochanter, malléoles, coudes, occiput...)

Éviter les massages sur les proéminences osseuses car il ne préviennent pas les escarres et peuvent, au contraire, entraîner des dégâts tissulaires supplémentaires. Effleurer le sacrum avec une huile peroxydée : Sanyrène®

Attribuer aux patients ayant un risque de développer des escarres un lit et un fauteuil adapté assortis d’un support diminuant les pressions d’appui (matelas, surmatelas, coussin)

Utiliser des coussins ou des cales de mousse, pour éviter le contact direct des proéminences osseuses entre elles (par exemple, les genoux, les talons ou les chevilles)

Changer de position régulièrement le patient, si son état de santé le permet

Minimiser l’agression cutanée liée aux frottements et aux forces de cisaillement par des techniques de positionnement, de transfert et de repositionnement correctes

Trouver et éliminer les sources d’humidité excessive liées à l’incontinence, la transpiration ou les exsudats des plaies, si cela est possible

Planifier des apports et des suppléments nutritionnels, après évaluation, chez les patients dénutris

Débuter une rééducation en vue d’une reprise de l’autonomie et de la marche, lorsque l’état de santé du patient s’améliore

Encourager les patients à changer leurs positions eux-même s’ils le peuvent

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