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Érythème mercuriel

31 août 2005, par VIGUIER M.

CLINIQUE

L’érythème mercuriel réalise une éruption prurigineuse en nappes maculo-papuleuses, de teinte rouge vermillon ou violacée, apparaissant brutalement dans les grands plis quelques heures après une exposition au mercure, s’étendant ensuite de façon diffuse, bilatérale et symétrique en 3 à 5 jours et disparaissant progressivement sans séquelle. Les lésions restent plus marquées dans les plis, notamment aux plis inguinaux. L’apparition secondaire de petites pustules amicrobiennes, 2 à 3 jours après le début de l’érythème, est fréquemment observée. Lors de contact cutané avec un dérivé mercuriel, une dermite de contact localisée peut être associée aux lésions précédemment décrites : dermite du pubis (poudre insecticide), dermite des pieds (bottes en plastique contenant du chloride de mercure), dermite péri-orbitaire (crème ophtalmologique)... Des formes vésiculo-bulleuses extensives prédominant aux plis ont été rapportées, ainsi que des aspects érythème polymorphe-like. Les signes généraux sont fréquents (fièvre supérieure à 39 °C, malaise général, adénopathies axillaires et inguinales).

PHYSIOPATHOLOGIE

L’érythème mercuriel réalise une dermite de contact systémique survenant après une inhalation de vapeurs de mercure (bris d’un thermomètre à mercure le plus souvent), une absorption transcutanée ou l’ingestion d’un dérivé mercuriel chez un patient sensibilisé au préalable au mercure (par application d’antiseptiques cutanés comme le mercurochrome, par exemple).

DÉMARCHE DIAGNOSTIQUE

L’interrogatoire recherchera une exposition à un dérivé mercuriel quelques heures ou jours avant l’apparition de l’érythème et une allergie de contact antérieurement connue au mercure. Les examens complémentaires à la phase aiguë pourront montrer une hyperleucocytose avec ou sans hyperéosinophilie, une augmentation de la CRP, une protéinurie transitoire et, de façon inconstante, un taux élevé de mercure dans le sang et les urines. La biopsie cutanée ne montrera pas d’éléments spécifiques. Les tests épicutanés réalisés secondairement orienteront davantage vers le diagnostic en cas de positivité pour les composés mercuriels. Cependant, on estime que 3,6 et 2,8 p. 100 de la population française générale ont des tests cutanés positifs pour le mercure métallique et le thiomersal, respectivement. Ainsi un test positif sera-t-il un élément important mais non suffisant, en l’absence de contexte clinique et anamnestique évocateur, pour porter le diagnostic d’érythème mercuriel. Les tests de provocation par inhalation de vapeur de mercure sont fortement déconseillés en raison de leur dangerosité.

PRISE EN CHARGE THÉRAPEUTIQUE

Le traitement à la phase aiguë repose sur l’éviction de l’allergène et, à titre symptomatique, sur les dermocorticoïdes et les antihistaminiques. Une courte corticothérapie générale a parfois été proposée dans les cas sévères. Il conviendra d’éviter par la suite tout contact avec le mercure et ses composés organiques et inorganiques (tableau I).

Tableau I Liste indicative et non exhaustive des dérivés mercuriels organiques et inorganiques présents dans l’environnement et la pharmacopée.

Dérivés

Exemples de produits

Dérivés inorganiques

Mercure

Industrie électrique (piles, lampes, tubes fluorescents, redresseur de courant, contacteurs)

Industrie chimique (batteries, explosifs, électrolyse du chlorure de sodium)

Instruments de mesure (thermomètre...)

Amalgames et alliages dentaires, joaillerie...

Fongicides, germicides, herbicides, insecticides

Industrie de certains papiers et feutres

Peintures protectrices

Lotions capillaires, fluides d’embaumement

Sels de mercure :

— chlorure mercureux (sublimé de mercure)

— chlorure mercurique (calomel)

 

— oxydes de mercure (jaune, rouge)

Matières plastiques, papiers, cires, pommades ophtalmiques (Oxyde mercurique jaune 1 p. 100 Chauvin®)

— sulfate rouge de mercure (vermillon, cinnabar)

— sulfure de mercure

 

Dérivés organiques

Sels de phénylmercure (acétate, benzoate, nitrate, bromate)

Substances contraceptives

Solutions ophtalmologiques (Dacryosérum®, Néoparyl B12®)

Cosmétiques, shampoings

Peinture, doublures de chaussures

Antiseptiques, antimycosiques

Désherbants

Thiomersal (thimerosal, merthiolate, thiosalicylate d’éthylmercure)

Antibactérien, antifongique, antiseptique (Dermachrome®)

Conservateur de produits à usage médical :

— vaccins (Vaccin Engerix B®, Vaccin grippal Ronchese VGR®, Vaccin tétanique Pasteur®, ImmuGrip®, Tétagrip 05®, Tétavax®, DT bis®, DT Coq®, DT Vax®, Vaxicoq®, Vaxigrip®, Fluvirine®, Mutagrip®, HB Vax DNA®)

— immunoglobulines injectables

— collyres ophtalmologiques (Vitaseptol®, Collyrex®, Constrilia®, Fluorescéine Faure collyre®)

— solutions auriculaires ou nasales (Rhinopten nébulisateur®)

— solutions pour lentilles de contact (Polyclean®, Soaclens®)

— solutions aqueuses d’éosine

Conservateur pour les produits de démaquillage et maquillage des yeux

Mercurochrome (merbromine, sel disodique de la dibromo-2,7-hydroxy-mercuri-4-fluorescéine

Antiseptiques cutanés (Pharmadose compresses de mercurescéine®, Soluchrom®)

 

Mercurobutol

Antiseptiques cutanés (Mercryl Laurylé®)

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