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Dyskératose congénitale

15 septembre 2005, par CRIBIER B. & LE CLEACH L.

1 - DIAGNOSTIC CLINIQUE

La dyskératose congénitale (appelée aussi syndrome de Zinsser-Engman-Cole ou dyskeratosis congenita) est un syndrome rare, héréditaire, de transmission le plus souvent liée à l'X, caractérisé par une poïkilodermie du visage, du tronc et des membres, une leucokératose muqueuse orale et oculaire, une dystrophie unguéale atrophique d'aspect lichénien associée à des paronychies récidivantes et une pancytopénie [2].

La majorité des patients sont des hommes, les femmes atteintes expriment un phénotype moins sévère [2]. Les anomalies unguéales, muqueuses et de la pigmentation cutanée apparaissent entre l'âge de 5 et 10 ans [2]. La pancytopénie touche 93 p. 100 des malades, débute avant l'age de 20 ans et est responsable de 71 p. 100 de la mortalité [2].

Les autres anomalies le plus souvent associées (environ 20 p. 100 des malades chacune) sont l'atteinte pulmonaire (fibrose pulmonaire), le retard mental, l'hyperhidrose, les altérations dentaires, la petite taille et l'aspect rare et grisonnants des cheveux [2].

L'incidence des carcinomes muqueux sur les zones de leucokératoses, de la maladie de Hodgkin et du cancer du pancréas semble élevée [3].

2 - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE ET GÉNÉTIQUE

Le gène responsable, DKC1, situé sur le locus Xp28, code une protéine de 514 acides aminés, la dyskérine. Une anomalie de cette protéine semble limiter la fonction des télomérases, réduisant ainsi la capacité proliférative des cellules, ce qui expliquerait la prédominance des symptômes sur les cellules à renouvellement rapide comme les cellules épithéliales et sanguines [3].

Des anomalies de ce gène ont également été mises en évidence dans des cas de décès précoce secondaire à une pancytopénie (avant l'âge d'apparition des symptômes cutanéo-muqueux caractérisant la dyskératose congénitale) [1]. Ce même gène est à l'origine du syndrome de Hoyeraal-Hreidarsson touchant les hommes et associant une pancytopénie, un déficit immunitaire, une microcéphalie, une hypoplasie cérébelleuse et une petite taille. Ce syndrome est désormais considéré comme une forme sévère de dyskératose congénitale [1].

3 - STRATÉGIE DE SURVEILLANCE ET TRAITEMENT

La prise en charge de ce syndrome est donc désormais familiale, la découverte du gène responsable ouvrant la voie à la détection des femmes porteuses du gène, chez lesquelles le diagnostic était rendu difficile par l'absence ou la discrétion des signes cliniques, et au diagnostic anténatal.

La prise en charge des malades est pluridisciplinaire. La greffe de moelle permet une rémission de quelques années, mais elle est marquée par de fréquentes complications pulmonaires favorisées par la fibrose pulmonaire liée à la maladie [2].

La prise en charge dermatologique repose sur un traitement symptomatique des lésions cutanées et muqueuses, et surtout sur une surveillance des muqueuses afin de dépister précocement des lésions carcinomateuses survenant sur les plaques de leucokératoses. Une régression des lésions de leucokératoses et une diminution de l'incidence des carcinomes sous rétinoïdes ont été suggérées.

Bibliographie

1. KNIGHT SW, HEISS NS, VULLIAMY TJ.
Unexplained aplasic anaemia, immunodeficiency, and cerebellar hypoplasia (Hoyeraal-Hreidarsson syndrome) due to mutations in the dyskeratosis congenita gene, DKC1. Br J Haematol, 1999, 107 : 335-339. Voir sur Pubmed

2. KNIGHT S, VULLIAMY T, Copplestone A et al.
Dyskeratosis congenita (DC) registry : identification of new features of DC. Br J Haematol, 1998, 103 : 990-996. Voir sur Pubmed

3. McGRATH JA.
Dyskeratosis congenita : new clinical and molecular insights into ribosome function. Lancet, 1999, 353 : 1204-1205. Voir sur Pubmed

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