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Thérapeutique Dermatologique
Un manuel de référence en dermatologie

Cryoglobulinémies

23 février 2009, par BROUET J.-C.

1 - GÉNÉRALITÉS

1.1 - DIAGNOSTIC BIOLOGIQUE

Une cryoglobulinémie est définie par la présence, lorsque le sérum est laissé à +4 ° ;C, d’un précipité qui a les propriétés de se redissoudre lors du réchauffement du sérum. L’enquête biologique doit définir les protéines impliquées dans la cryoprécipitation, le taux de cryoglobuline et la température initiale de précipitation. Étant donné les corrélations qui existent entre la nature immunochimique du cryoprécipité et les symptômes ou affections associés, le diagnostic biologique est essentiel pour guider l’enquête clinique.

Trois grandes catégories de cryoglobulines peuvent être distinguées [2] :

— les cryoglobulines monoclonales composées d’immunoglobulines avec uniquement une classe ou sous-classe de chaînes lourdes et légères ;

— les cryoglobulinémies mixtes avec un constituant monoclonal qui sont composées d’Ig appartenant à deux classes différentes, l’une d’entre elles étant monoclonale ;

— les cryoglobulinémies mixtes polyclonales, qui sont composées d’Ig polyclonales appartenant habituellement à deux classes (ou plus) différentes.

Ces cryoglobulines peuvent parfois comporter d’autres protéines sériques, notamment des constituants du complément. La signification de la présence d’une cryoglobulinémie dépend des techniques utilisées pour sa mise en évidence. Ainsi la présence d’une cryoglobuline dans le sérum de sujets sains est-elle variable d’un laboratoire à l’autre, et ce paramètre doit être apprécié avant toute interprétation d’une cryoglobulinémie. L’utilisation de techniques immunochimiques très sensibles telles que l’immuno-fixation ou l’immuno-empreinte montre fréquemment la présence d’Ig oligoclonale dans les cryoglobulinémies mixtes et ne permet souvent pas de les classifier dans l’une des trois catégories décrites [9]. L’intérêt clinique sinon physiopathologique de ces techniques très sensibles reste à établir.

Le taux d’une cryoglobuline est très variable, de 0,01 à 50 g/l. Il est habituel de constater une absence de parallélisme entre l’importance des signes cliniques et la quantité de cryoglobuline présente dans le sérum. Les méthodes utilisées pour déterminer le taux de la cryoglobuline (cryocrite : centrifugation à froid du sérum dans un tube à hématocrites ; dosage après isolement de la cryoglobuline des protéines présentes dans le cryoprécipité obtenu à partir d’une quantité donnée de sérum) sont souvent imprécises lorsque le cryoprécipité est peu important ; aussi de franches variations du taux de la cryoglobuline doivent-elles être exigées pour juger de l’efficacité d’un traitement. Le taux sérique des cryoglobulines monoclonales est habituellement élevé (1 à 30 g/l), et le précipité apparaît rapidement au froid. Ce précipité peut être un flocculat ; ailleurs, il est gélatineux ou cristallin (ces cristal-cryoglobulinémies peuvent provoquer une pathologie particulière). Les cryoglobulinémies mixtes avec constituant monoclonal ont habituellement un taux sérique élevé, supérieur à 1 g/l. Cependant, le taux sérique du constituant monoclonal est parfois trop faible pour donner un tracé électrophorétique évocateur, et son identification nécessite l’étude immunochimique complète de la cryoglobuline. Le taux des cryoglobulinémies mixtes polyclonales, qui représente la majorité des cryoglobulinémies, est habituellement bas (entre 0,01 à 1 g/l).

La température maximale de cryoprécipitation peut varier de 10 à 37 ° ;C. Il n’existe pas de lien net entre la gravité des signes cliniques et la température de précipitation ; lorsque cette dernière avoisine la température de l’organisme, les prélèvements veineux peuvent être contrariés, et certains examens biologiques (numération globulaire et contrôle des protéines sériques) peuvent être grossièrement entachés d’erreurs.

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