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Chéloïdes

14 mars 2005, par BENNACEUR S.

Les cicatrisations pathologiques revêtent deux formes cliniques, les cicatrices hypertrophiques et les chéloïdes, les deux présentant une phase initiale identique de cicatrice dite hypertrophique. Elles se distinguent par leur évolution ; ainsi les cicatrices hypertrophiques simples ont-elles une évolution spontanément favorable après 12 à 18 mois, au prix le plus souvent d’un élargissement cicatriciel, alors que, inversement, les cicatrices chéloïdiennes ne présentent aucune tendance à l’amélioration spontanée, voire tendent à s’aggraver spontanément. On ne parle de cicatrices chéloïdiennes qu’après au moins 18 mois post-traumatiques.

Cliniquement les cicatrices chéloïdiennes sont hypertrophiques, hautes, s’étendent au-delà des limites initiales de la plaie, ont un fort potentiel de récidive après exérèse et peuvent s ’aggraver spontanément. Le diagnostic est clinique. L’anomalie principale se situe dans le derme réticulaire qui montre une cellularité faible, composée de quelques fibroblastes rejetés en périphérie des amas nodulaires de collagène. Ces amas définissent les cicatrices chéloïdiennes, par l’agrégation très importante de ces fibres de collagène en nodules hyalins qui sont disposés de manière totalement anarchique, sans rapport avec les contraintes mécaniques. Cette absence d’organisation spatiale est limitée à la partie superficielle du derme réticulaire et séparée de l’hypoderme par une bande de derme réticulaire morphologiquement normal. Le derme papillaire est aminci et soutient un épiderme le plus souvent atrophique, parfois normal, jamais hypertrophique.

INFORMATION AUX PATIENTS

Sur la cicatrice, les éléments suivants sont à mentionner :

— il existe une susceptibilité régionale de survenue : lobes d’oreilles, région scapulaire, thorax, etc. ;

— la période pubertaire et la grossesse sont des facteurs favorisants ;

— la fréquence de survenue a été rapportée à 4,5 et 16 p. 100 dans les populations hispanique et noire. Il semble que certains groupes HLA soient génétiquement prédisposants : HLA-B14, B21, Bw16, Bw35, DR5, et DQw3.

Sur les principes de traitement, il faudra préciser :

— le contrat de traitement fondé sur un score cicatriciel qui permet de définir l’état de départ et l’objectif raisonnable du traitement ;

— le risque de récidive important, entre 30 et 70 p. 100 ;

— l’objectif. Le traitement idéal doit tendre vers une moindre visibilité, mais ne peut effacer totalement la cicatrice. On ne peut que tendre vers une cicatrice parfaite, qui est définie par une cicatrice normale, stable, fine, claire etnon rétractile ;

— le traitement reposant sur une association chirurgien plasticien et dermatologue ;

— la durée de traitement d’au moins de 18 mois.

Il ne faut pas non plus négliger les complications bien connues, secondaires aux injections répétées de corticostéroïdes, et il faut avertir les patients du risque de survenue de zones atrophiques, de la formation de télangiectasies et du risque de modification de la pigmentation cutanée.

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