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Carences vitaminiques

23 février 2009, par CHAINE B.

1 - GÉNÉRALITÉS

Les carences vitaminiques sont souvent considérées comme historiques dans les pays développés et leurs principales manifestations cliniques ne sont pas ou peu connues. Elles sont bien sûr plus rares en Occident que dans les pays sous-développés mais sont certainement sous-évaluées [8].

Dans les pays pauvres, les carences vitaminiques sont fréquentes et liées à la malnutrition par déséquilibre alimentaire ou par insuffisance d’apport. Il s’agit alors des grands tableaux de carences vitaminiques sélectives reconnues par leurs manifestations cliniques évidentes (tableau I) ou des graves carences globales d’apport comme dans le marasme ou le kwashiorkor, où les déficits vitaminiques sont multiples et associés à des carences en oligo-éléments [9, 26].

Dans les pays riches, les carences vitaminiques sont le plus souvent sélectives. Elles apparaissent en cas de déséquilibre entre l’apport d’une vitamine au niveau des tissus et les besoins en cette vitamine, plutôt en raison d’une utilisation défectueuse par l’organisme qu’à cause d’une alimentation insuffisante.

1.1 - STRUCTURE ET ORIGINE DES VITAMINES

Les vitamines sont des substances sans valeur énergétique propre, agissant à faibles doses, mais indispensables à l’organisme qui ne peut en effectuer la synthèse. Elles interviennent dans de nombreux métabolismes vitaux. Il existe treize groupes de vitamines répartis en vitamines hydrosolubles (vitamine C et vitamines du groupe B) et vitamines liposolubles (vitamines A, D, E et K). Les multiples rôles des vitamines et leurs principales sources alimentaires sont présentés au tableau II [15].

1.2 - BESOINS ET APPORTS RECOMMANDÉS EN VITAMINE

Les apports recommandés en vitamines en fonction du sexe et de l’âge sont rappelés aux tableaux III et IV [11] ; ils sont destinés à couvrir les besoins de la grande majorité de la population générale. Les enquêtes alimentaires réalisées au cours des dernières années attirent l’attention sur le fait que les apports alimentaires pour certaines vitamines se situent au-dessous des apports recommandés par les comités d’experts dans de larges fractions de la population étudiée [28].

1.3 - CONCEPT DE DÉFICIENCE

Depuis quelques années, les progrès dans le domaine de la biologie nutritionnelle ont démontré que les signes cliniques de carence n’évoquent que de loin, et très partiellement, les fonctions biologiques des vitamines. De nombreuses études épidémiologiques et des travaux expérimentaux, tant chez l’homme que chez l’animal, ont mis en évidence les conséquences d’apports insuffisants de certaines vitamines sur la santé [15]. Des travaux récents ont par exemple montré que des apports faibles en vitamine C (sans provoquer de scorbut) pourraient constituer un facteur de risque de cardiopathies ischémiques et de cancers. De même la vitamine D en quantité inférieure à la dose journalière actuellement recommandée en France (sans provoquer d’ostéomalacie), augmenterait les risques de certains cancers, de l’hypertension artérielle en particulier gravidique, de maladies infectieuses telle que la tuberculose et de certaines maladies auto-immunes [17]. Ainsi sommes-nous passés du concept classique de carences (telles qu’on les rencontre encore actuellement fréquemment dans les pays en voie de développement en raison d’une pénurie alimentaire chronique et, relativement rarement dans les pays industrialisés plutôt en raison de maladies chroniques ou de restriction alimentaire volontaire) à un nouveau concept de déficiences ou d’insuffisances (telles qu’on les observe dans les pays industrialisés), dont les conséquences sont liées aux multiples fonctions métaboliques majeures des vitamines.

1.4 - GROUPES À RISQUE DE DÉVELOPPER DES CARENCES VITAMINIQUES

Certaines catégories de populations apparaissent comme à haut risque de développer une carence vitaminique dans certaines circonstances, comme au cours des affections digestives médicales ou chirurgicales responsables d’une malabsorption ou de pertes excessives, des hépatopathies, des néphropathies chroniques, du SIDA et en cas de trouble métabolique congénital ou héréditaire. La nutrition parentérale prolongée est une grande source de carences vitaminiques. Les carences peuvent également apparaître sporadiquement à la faveur de nombreux facteurs associés acquis tels que la grossesse et l’allaitement, la prématurité, la pauvreté, l’obésité, l’immigration récente, l’adolescence, la vieillesse ou une prise médicamenteuse. L’alcoolisme est responsable d’un grand nombre de carences vitaminiques par l’anorexie, les troubles hépatiques et le déséquilibre du régime alimentaire qu’il entraîne [12]. Les carences vitaminiques en cas d’alimentation déséquilibrée sont loin d’être négligeables, que ce soit chez les adeptes de régimes fantaisistes par conviction (végétarisme, végétalisme, macrobiotisme), négligence ou erreurs diététiques (régime d’exclusion strict chez des atopiques, suspicion d’allergie au lait) [23], ou en cas d’anorexie mentale, de toxicomanie ou de psychose. Actuellement, de nombreux régimes excentriques visant au bien-être ou à la réduction pondérale sont en vogue sans que ces pratiques n’aient de fondement nutritionnel [25].

1.5 - DIAGNOSTIC POSITIF D’UNE CARENCE VITAMINIQUE

Le diagnostic de carence vitaminique est difficile. En effet, il n’est pas toujours évoqué et les signes cliniques qui ne sont pas toujours connus sont d’analyse difficile. La symptomatologie cutanée est variable et plus ou moins importante selon les carences vitaminiques. Certains signes cutanés sont au second plan, car non spécifiques, et se retrouvent dans différentes carences. En revanche, dans la pellagre ou le scorbut, les signes cutanés sont primordiaux (voir tableau I).

En cas de suspicion d’une carence vitaminique, une enquête alimentaire rapide recherchant la consommation régulière d’aliments des quatre groupes (produits laitiers et œufs, viandes et poissons, céréales, fruits et légumes frais) est d’une grande utilité.

Le dosage biologique est le plus souvent difficile et peu fiable ce qui ne facilite pas le diagnostic. De plus la plupart des dosages vitaminiques ne sont pas remboursés par la Sécurité Sociale (thiamine, riboflavine, niacine, biotine, phylloquinone, acide ascorbique). Les taux sanguins ou urinaires ne sont souvent que le simple reflet de l’apport récent et ne préjugent pas de l’état vitaminique du sujet. En effet la carence vitaminique est une carence en stock de vitamine et pour certaines vitamines, le taux sérique n’est pas un bon reflet de ces stocks. L’idéal serait de réaliser un dosage tissulaire. L’épreuve thérapeutique de charge en vitamine reste seule démonstrative.

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