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Carences en acides gras essentiels

31 août 2005, par LLANOS F. & BESSIS D.

Les acides gras constituent une sous-classe de lipides présents dans les cellules surtout sous forme de phospholipides et de triglycérides et, de façon minime, sous forme libre. Tous les acides gras possèdent une longue chaîne carbonée et un groupement carboxyl terminal. La formule chimique d’un acide gras saturé est : CH3—(CH2)n—COOH.

Les acides gras essentiels (AGE) ne peuvent être synthétisés par l’organisme et doivent être apportés par les aliments. Ils sont composés de la famille n-6 (ou oméga 6) dont le chef de file est l’acide linoléique C18 (2n-6) et de la famille n-3 (ou oméga 3) dont le chef de file est l’acide α-linolénique C18 (3n-3) [1].

Les aliments riches en AGE de la série n-6 sont constitués par les huiles d’origine végétale comme les huiles de tournesol, de soja, d’onagre, de bourrache... Les AGE de la série n-3 sont également retrouvés dans certaines huiles végétales mais surtout dans les huiles de chair de poisson, notamment de saumon. Le métabolisme des AGE (Figure 1) se déroule dans divers tissus, principalement le foie, mais aussi au niveau cutané.

L’acide arachidonique est à l’origine des prostaglandines PGE1 et PGE2 et du leucotriène LTB4, impliqués dans l’inflammation, la maturation des lymphocytes et le fonctionnement de la phosphodiestérase. La protaglandine PGE3 et le leucotriène LTB5 ont une action moindre sur l’inflammation cutanée.

Bien que les réactions de désaturation ou d’élongation au sein de chaque famille d’AGE soient réalisées par les mêmes enzymes, il n’existe pas de passage possible entre les deux voies métaboliques. En revanche, des phénomènes de compétition se produisent entre les deux séries.

La peau n’exprimant pas de Δ6-désaturase ni de Δ5-désaturase, c’est le foie qui lui fournit les métabolites nécessaires. Dans la peau, la série n-6 est beaucoup plus représentée que la série n-3. La régulation principale s’opère au niveau de la Δ6-désaturase qui représente l’enzyme limitante de ces voies métaboliques. Cette enzyme utilise comme co-facteur le zinc et le magnésium, qui sont nécessaires à son bon fonctionnement. Son activité est également modulée par des facteurs nutritionnels et hormonaux. Ainsi est-elle inhibée par un régime hyperglucidique ou hyperprotidique, par le jeûne, le stress, les hormones hyperglycémiantes dont le glucagon ou, au contraire par un régime hypoprotidique et par l’insuline. Son activité diminue avec l’âge ainsi qu’au cours des hépatopathies. Des intrications métaboliques multiples existent entre le métabolisme des AGE et de diverses vitamines (B6, biotine, acide panthoténique...).

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