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Alternarioses

1er avril 2012, par DEVELOUX M. & FEUILHADE DE CHAUVIN M.

1 - GÉNÉRALITÉS

Les alternarioses sont des mycoses opportunistes dues à des champignons filamenteux du genre Alternaria. Elles sont inclues dans les phæohyphomycoses, provoquées par des champignons noirs (= dématiés) dont la couleur provient du pigment mélanique brun des filaments. Les alternarioses sont essentiellement responsables de lésions cutanées dermiques. Elles demeurent rares mais le nombre de cas rapportés est en constante augmentation sur certains terrains comme les greffés.

Les Alternaria sont des saprophytes ou des parasites des plantes très répandus dans la nature. Leurs spores sont dispersées par les courants d’air. Le champignon est introduit à la suite de microtraumatismes, ce qui explique la plus grande fréquence des alternarioses chez les ruraux et leurs localisations préférentielles sur les zones découvertes. Dans de très rares cas où des foyers multiples et disséminés étaient observés, une dissémination par voie sanguine a été discutée.

La majorité des observations provient d’Europe. En France (40 p. 100 des cas publiés), plus de la moitié des cas ont été diagnostiqués dans l’Ouest du pays (Bretagne, Pays-de-la-Loire et Centre). Il s’agit le plus souvent de patients immunodéprimés mais, dans un petit nombre de cas, aucun facteur favorisant n’était retrouvé. D’après une revue de la littérature [1], le principal facteur favorisant est la corticothérapie générale au long cours associée parfois à des immunosuppresseurs ou à des cytotoxiques. Les pathologies justifiant de tels traitements étaient diverses : maladies auto-immunes, greffes rénales et hépatiques, hémopathies malignes, néoplasies, syndromes néphrotiques, asthme… Plus rarement, une corticothérapie exclusivement locale était signalée. D’autres terrains sous-jacents ont été notés : maladie de Cushing, diabète, SIDA rarement. Pour les patients recevant une corticothérapie générale ou locale ainsi que ceux ayant une maladie de Cushing, la fragilité cutanée induite par l’hypercorticisme constituait un co-facteur en facilitant l’inoculation directe du champignon. Les lésions cutanées des alternarioses sont uniques ou multiples, siégeant principalement sur les zones découvertes : genoux, poignets et dos des mains. Leur aspect est polymorphe et varie suivant le stade évolutif. L’aspect le plus commun est celui de nodules violacés, érythémato-croûteux. Quelle que soit l’importance de l’immunosuppression il n’a pas été décrit d’envahissement viscéral ni d’hémoculture positive, et les décès observés étaient dus à la maladie sous-jacente

L’examen direct des lésions ou les appositions de biopsies ne doivent pas être négligé car permettant rapidement des rapporter la lésion à une mycose. Le diagnostic repose sur l’examen anatomopathologique et l’examen mycologique d’une biopsie cutanée. En raison de la fréquence du champignon dans la nature, ces deux examens doivent être positifs pour que l’on puisse affirmer sa pathogénicité. L’aspect histologique est celui de granulomes mixtes, bien limités, siégeant dans le derme superficiel et pouvant atteindre le derme profond et l’hypoderme. Le champignon se présente sous l’aspect d’éléments arrondis de 3 à 15 mm de diamètre et/ou de filaments septés, courts, dont les parois sont bien colorés par le PAS et le Grocott. L’identification du genre Alternaria repose sur la culture mycologique. Alternaria alternata et Alternaria tenuissima ont été les plus souvent incriminées. La biologie moléculaire facilite le diagnostic d’espèce, en particulier lorsqu’il n’y a pas de formation conidienne à la culture. Les cas d’alternariose purement épidermiques sont discutables. Les champignons du genre Alternaria peuvent être à l’origine d’onychomycoses.

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