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Anguillulose

26 août 2016, par CAUMES É.

L’anguillulose est due à un nematode, Strongyloides stercoralis. C’est une helminthose intestinale qui sévit en zone tropicale et subtropicale. Elle est acquise par contact avec des sols infestés par des larves d’anguillules. Elle peut mettre en jeu le pronostic vital en cas de dissémination chez certains immunodéprimés (corticothérapie générale, infection chronique par le virus HTLV-I) d’où la règle d’un traitement systématique anti-anguillulose chez tous les patients devant recevoir des corticoides [4].

Les signes cutanés peuvent être présents aux trois phases (pénétration, invasion, état) de la maladie mais celle–ci est le plus souvent asymptomatique [2, 7]. La pénétration cutanée des larves strongyloïdes provoque très inconstamment des lésions érythémateuses, papuleuses ou vésiculeuses, prurigineuses, au niveau des zones de pénétration, les pieds habituellement. La phase invasive de l’anguillulose est en général peu marquée (contrairement à l’invasion par d’autres helminthes) ; la classique triade fièvre, dyspnée asthmatique, urticaire aiguë est caractéristique quand elle est associée à une hyperéosinophilie sanguine, toujours élevée à ce stade [1]. À la phase chronique (la latence pouvant être de plusieurs dizaines d’années), deux types de lésions cutanées peuvent être rarement observées. Dans deux tiers des cas, il s’agit d’une éruption maculo-papuleuse, urticarienne, non spécifique, récidivante. L’éruption spécifique est la larva currens, constituée de cordons érythémateux mobiles, de quelques millimètres de long, de localisation centrale (périnée, abdomen, cuisses…), se déplaçant de plusieurs centimètres par heure, fugaces, disparaissant rapidement sous la peau et dus à la migration sous-cutanée des larves lors du cycle d’autoréinfestation [2, 7]. Dans la rare anguillulose maligne de l’immunodéprimé, des papules érythémateuses et purpuriques péri-ombilicales extensives peuvent être observées et sont pathognomoniques (thumbprint sign of periombilical purpura).

L’hyperéosinophilie, élevée à la phase d’invasion, fluctue ensuite autour de valeurs plus proches de la normale. Dans l’anguillulose maligne, l’hyperéosinophilie est souvent absente. Le sérodiagnostic est sans grand intérêt par manque de spécificité lié à l’existence de réactions croisées entre les différents nématodes. Le diagnostic formel repose sur la présence de larves de S. stercoralis à l’examen parasitologique des selles après concentration (méthode de Baermann par exemple). L’examen des selles doit être répété du fait de phases sans élimination larvaire. Les larves ne sont retrouvées dans les biopsies cutanées (dans les vaisseaux superficiels et dans le collagène dermique) qu’en cas d’anguillulose maligne [7].

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