II Thérapeutiques
Psychosomatique en dermatologie (Psychodermatologie)
S.G. CONSOLI

IMPLICATIONS THÉRAPEUTIQUES

La psychodermatologie ouvre, en dehors de la prescription d'un psychotrope, un large éventail d'approches thérapeutiques.

On peut citer :

— les programmes d’éducation pour la santé qui visent non seulement le malade mais aussi sa famille (par exemple les parents d’un enfant souffrant d’une dermatite atopique ou d’un enfant souffrant d’une génodermatose) ou son environnement social (comme le personnel scolaire) ;

— les apprentissages de stratégies de gestion du stress (en général et lié à la maladie). À ce propos, soulignons le rôle des groupes de rencontre de malades ou de parents de malades ainsi que l’importance du rôle des associations de malades ;

— quant aux différentes approches psychothérapiques au sens strict du terme, elles sont indiquées dans de nombreuses affections cutanées soit seules, soit associées entre elles ou, si nécessaire, à un traitement psychotrope (le plus souvent un antidépresseur ou parfois antipsychotique à doses efficaces, tout en tenant compte des effets secondaires de ces produits. Se reporter au chapitre « Délire d'infectation cutanée » ). On peut citer l’hypnose, les massages, la relaxation, les approches cognitivo-comportementales. Par exemple, un essai thérapeutique randomisé a comparé cinq groupes de sujets atopiques expérimentant cinq traitements différents. Le premier groupe a suivi un programme d’éducation pour la santé, le deuxième une relaxation, le troisième une psychothérapie cognitivo-comportementale, le quatrième l’association d’un programme d’éducation pour la santé et d’une psychothérapie cognitivo-comportementale, le cinquième le traitement médical classique de la dermatite atopique avec, en particulier, une corticothérapie locale. La cible thérapeutique de la relaxation et de la psychothérapie cognitivo-comportementale était les sensations de démangeaison et le grattage. Après un an de suivi, on a constaté une amélioration de la symptomatologie cutanée significativement plus importante chez les sujets des deuxième, troisième et quatrième groupes, accompagnée d’une diminution significative de la quantité de corticoïdes appliqués sur la peau. Il existait aussi une plus grande diminution de l’anxiété dans les premier et le quatrième groupes. Les auteurs de cette étude associent cette diminution de l’anxiété dans les premier et le quatrième groupes à la meilleure information sur la maladie des sujets atopiques dans ces groupes [6] ;

— la psychothérapie analytique et la psychanalyse, qui sont sont indiquées quand les malades désirent modifier en profondeur certains traits de leur personnalité à l'occasion de la survenue d'une maladie cutanée.

Bibliographie

6. GIELER U, KOHNLEIN B, SCHAUER U et al. Counseling of parents with children with atopic dermatitis and psoriasis. Hautarzt, 1992, 43 (suppl 11) : 37-42.


Thérapeutique dermatologique, Médecine-Sciences Flammarion © 2001