Dans ce domaine tout particulièrement, le message informatif délivré par le médecin rencontre la subjectivité du malade qui le reçoit ainsi que celle du médecin qui l’énonce. La réalité extérieure, objective (la maladie cutanée) ne concorde pas toujours avec la réalité interne, subjective, psychique, de chacun des deux partenaires de la relation médecin-malade (l’idée qu’ils se font de la maladie cutanée). Ainsi, l’annonce d’une maladie cutanée (un psoriasis par exemple) peut être l'annonce d'une maladie dermatologique banale pour le dermatologue alors qu'elle peut se révéler être l'annonce d'une mauvaise nouvelle pour le malade. Quand il annonce le diagnostic d'une maladie dermatologique, quelle qu'elle soit, le dermatologue doit donc être attentif aux réactions de son malade et ce d'autant plus si ces dernières lui paraissent peu compréhensibles ou disproportionnées.
Quoiqu’il en soit, l’annonce d’un mélanome par exemple, réalise toujours un véritable traumatisme psychique pour les deux partenaires de la relation médecin-malade. Ce traumatisme est cependant plus ou moins intense selon la qualité de la relation médecin-malade et selon les modalités d'une telle annonce au sein de cette relation.
En outre, pour lutter contre l'angoisse d'une possible issue mortelle de la maladie, à plus ou moins brève échéance, le malade, mais aussi le médecin, mettent très vite en place des mécanismes de défense psychiques plus ou moins inconscients (par exemple le déni qui est le refus de reconnaître une réalité angoissante risquant de désorganiser le fonctionnement psychique). Ces mécanismes de défense psychiques peuvent entraver le développement d'une relation médecin-malade harmonieuse et efficace et, donc, le suivi médical du malade. Il faut cependant que le médecin puisse composer avec ces mécanismes de défense psychiques, puisqu'ils protègent l'équilibre psychique du malade, en sachant que ces mécanismes sont variables dans le temps.