II Thérapeutiques
Psychosomatique en dermatologie (Psychodermatologie)
S.G. CONSOLI

RELATION MÉDECIN-MALADE

PREVENTION

Depuis plusieurs années, les nouveaux cas répertoriés de cancers cutanés et, principalement, de mélanome deviennent de plus en plus fréquents. Les expositions au soleil et au rayonnement UV dans des cabines pour obtenir un bronzage intense et quasi-permanent, en sont les principales raisons. Cette véritable conduite à risque est surtout fréquente chez les adolescents, les jeunes adultes et les sujets jeunes ou plus âgés immatures affectivement, isolés, dépressifs, avec une mauvaise image d’eux-mêmes et une très faible estime pour eux-mêmes [1]. Ainsi, au lieu de choisir une attitude dite confrontationnelle pour vaincre à tout prix les résistances d’un malade à se protéger du rayonnement UV, il sera plus utile d’adopter, bien au contraire, une attitude dite motivationnelle : il s’agit alors d’identifier les motivations du malade à être bronzé tout au long de l’année, ses raisons personnelles à ne pas vouloir ou pouvoir changer. Il faut alors composer avec les résistances du malade plutôt que de les combattre de front. Le dermatologue doit donc tolérer l’idée d’une efficacité reportée ultérieurement, et d’abord limitée (mais il ne faut pas oublier que la relation médecin-malade évolue avec le temps et est donc un processus dynamique). Cependant à long terme, dans beaucoup de situations cliniques (de la prévention à la corticophobie), cette stratégie motivationnelle peut s’avérer plus payante qu’une attitude dite confrontationnelle en raison de la meilleure intériorisation par le malade des bénéfices, par exemple de la prévention, et de la plus grande stabilité des résultats obtenus.

Bibliographie

1. BODELMAN C, JANSSON B, NILSSON B, ULLEN H. Sunbed use in Swedish urban adolescents related to behavioral characteristics. Prev Med, 1997, 26 : 114-119.


Thérapeutique dermatologique, Médecine-Sciences Flammarion © 2001