Les études détaillées de cas suivis en psychothérapie analytique insistent aussi sur la fragilité narcissique des sujets souffrant d’une maladie somatique. Ces sujets, qui ont une mauvaise image d’eux-mêmes et qui ne s’estiment pas, vont être, en toutes circonstances, plus sensibles au regard d’autrui, vite blessés par un regard, un geste, une parole, cherchant sans cesse chez autrui approbation, intérêt et amour, et ayant tendance à fortement réprimer leur hostilité par crainte de perdre l’amour d’autrui. Une étude a montré que certains traits de personnalité étroitement liés au narcissisme du sujet (la désirabilité sociale et la répression de l’hostilité) ainsi que le caractère affichant de la maladie rendaient les sujets psoriasiques plus vulnérables aux stress, qu'ils soient liés au psoriasis lui-même (le stress perçu, c'est à dire la perception subjective de l'intensité du stress lié à la maladie) ou non. L'existence d'une fragilité narcissique, explique aussi, en grande partie, l'écart qui peut exister entre la gravité d'une maladie cutanée constatée par le malade et celle constatée par le médecin. L'index de stigmatisation utilisé dans des études diverses tend à objectiver cette fragilité narcissique. Une étude a, par exemple, montré que le vécu de handicap, en cas de psoriasis, était corrélé au degré de stigmatisation et de vécu dépressif et que le degré de stigmatisation était indépendant des caractéristiques cliniques du psoriasis.
Pour conclure à propos des facteurs psychologiques dans les maladies cutanées, on peut citer les travaux des épidémiologistes Picardi A et Abeni D. Ces auteurs insistent sur le fait qu'il manque encore des études rigoureuses et incontestables dans ce champ de la psychodermatologie pour étayer les constatations cliniques pointant le rôle du stress dans le déclenchement et/ou les récidives des maladies cutanées. Cependant, ils avancent aussi l'idée que le rôle du stress dans ces maladies devrait être étudié conjointement aux caractéristiques de la personnalité, du support social et de l'attachement. Par exemple, le fait de ne pas retrouver plus d'événements de vie traumatiques chez les peladiques que chez les sujets d'un groupe contrôle pourrait être lié au fait que les patients peladiques sont plus alexithymiques que les sujets contrôles et donc moins aptes à reconnaître, identifier et exprimer verbalement l'aspect traumatique d'un événement de vie.